Acajou massif et placage d’acajou, marqueteries de bois polychromes avec rehauts de peinture à l’huile ; bronze doré ; marbre blanc de Carrare.
H. 49.5 cm. (19 ½ in.) ; L. 46.5 cm. (18 ½ in.); Pr. 11 cm. (4 ½ in.).
PROVENANCE : très certainement exécutés à Milan, entre 1805 et 1814, pour le compte d’Eugène de Beauharnais (1781-1824), fils de l’impératrice Joséphine (1763-1814), nommé par Napoléon 1er vice-roi d’Italie, fonction qu’il occupa du 7 juillet 1805 au 20 avril 1814 ; collection de Carlos de Beistegui (1895-1970), dans le grand salon de son hôtel particulier, connu sous le nom d’hôtel Beistegui, sis au 19 rue de Constantine, dans le VIIe arrondissement à Paris ; puis par descendance, collection de son neveu Juan de Beistegui (1930-2017), dit « Johnny », dans le « salon jaune » du château de Groussay, à Montfort-l’Amaury (Yvelines) ; vente des collections du château de Groussay, par Poulain – Le Fur, le 2 juin 1999, lot n° 281 ; acquis par Pelham galleries, à Londres ; collection privée américaine.
ÉTAT DE CONSERVATION : l’ensemble des panneaux de marqueteries, bronzes dorés ainsi que les éléments de marbre, bien que montrant certains signes d’usage dus à leur ancienneté, sont restés dans leur état d’origine.
Chef d’œuvre de l’art de la marqueterie de bois polychrome à Milan sous l’Empire, cette paire de tableaux marquetés et couronnés de l’aigle impérial français en bronze doré environné de foudres, évoque sans conteste, du moins pour la marqueterie, l’œuvre de Giovanni Maffezzoli (Crémone, 1774-1818), l’un des élèves les plus illustres de Giuseppe Maggiolini (1738-1814), nommé par Napoléon 1er vice-roi d’Italie, le 7 juin 1805. Il est possible que ces œuvres aient été dessinées par Andrea Appiani (1754-1817), que Napoléon 1er nomma peintre du Roi d’Italie, également le 7 juin 1805, et qui fut l’auteur de nombreux dessins et projets de meubles et d’objets, précisément utilisés par Maggiolini et ses élèves, destinés à orner le palais Royal de Milan, la villa Belgiojoso-Bonaparte, Via Palestro, à Milan, et la Villa Reale de Monza, résidences officielles d’Eugène de Beauharnais en Italie.
De forme rectangulaire, chaque tableau présente sur ses deux faces principales un remarquable décor marqueté montrant, d’un côté, une scène figurée de vase antique issue de la seconde collection de vases étrusques, grecs et romains de Sir William Hamilton (1730-1803). Au revers de ces scènes sont visibles deux vues marines, d’une éblouissante qualité d’exécution, montrant, avec un raffinement de détails, des pêcheurs accompagnés de leurs familles dans des paysages escarpés de baies marines, à proximité de fortifications portuaires et de bateaux de différentes tailles au mouillage ou naviguant au loin.
Ill. 1 – Johann Heinrich Wilhelm Tischbein (1751-1829), planche 33 du recueil Collection of Engravings from Ancient Vases mostly of pure Greek Workmanship discovered in sepulcres in the Kingdom of the Two Sicilies but chiefly in the neighbourhood of Neaples during the course of the years MDCCLXXXIX and MDCCLXXXX now in the possession of Sir Wm. Hamilton […], Naples, 1791.
Ill. 2 – Johann Heinrich Wilhelm Tischbein (1751-1829), planche 47 du recueil Collection of Engravings from Ancient Vases mostly of pure Greek Workmanship discovered in sepulcres in the Kingdom of the Two Sicilies but chiefly in the neighbourhood of Neaples during the course of the years MDCCLXXXIX and MDCCLXXXX now in the possession of Sir Wm. Hamilton […], Naples, 1791.