LA LITHOTÈQUE MELLERIO

Rome, 1835.
ALFONSO CARAMELLI (DOC. 1830-1838)

Marqueterie de pierres dures et micromosaïques.

D. du plateau : 115,2 cm. (45 ¼ in.).

PROVENANCE : acquis à Rome en 1835 par Jean-Baptiste Mellerio (1765-1850), le célèbre joaillier de la reine Marie-Antoinette, puis de la cour de Napoléon 1er, dont la famille d’origine lombarde s’était installée en France dès le règne de François 1er ; collection de Jean-Baptiste Mellerio au château de la Doutre, à Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne) ; puis descendance jusqu’à nos jours.

ÉTAT DE CONSERVATION : cet extraordinaire plateau, très complète collection de jaspes et de marbres, a été endommagé par la chute d’un lustre survenue au château de la Doutre pendant la guerre. Une campagne de restauration conservative et réversible a été conduite dans nos ateliers afin de restituer ce chef-d’œuvre.

TEXTE ET ÉTUDES : Dr Anna Maria Massinelli, professeur d’histoire de l’art à l’Académie des Beaux-Arts de Brera à Milan.

La lithothèque Mellerio témoigne de la fascination de Caramelli pour le monde minéral. Le noyau principal des échantillons composant l’opulente lithothèque Mellerio est constitué de ce que l’on appelle les marmora romana, terme qui désigne les matériaux dont l’extraction et l’utilisation remontent à l’époque romaine impériale, lorsque naquit une véritable lubie pour les marbres polychromes et que chaque territoire de l’empire apporta sa contribution en pierres à la Ville éternelle : l’Espagne, la Gaule, la Grèce, l’Asie Mineure, l’Égypte, la Tripolitaine, la Numidie, la Mauritanie et l’Italie. Les 180 échantillons lapidaires qui composent la géométrie sophistiquée de la table sont posés sur un fond de marbre bardiglio nuagé tandis que ses sections sont profilées par de fines bordures en marbre blanc et noir, en marbre Rosso Antico, le marmor taenarium, provenant du promontoire de l’ancien Cap Ténare, en Grèce.

Cette lithothèque se présente comme un travail exquis d’art lapidaire capable de sublimer cette réminiscence poignante de l’Antiquité, par laquelle des générations de Grand Tourists, épris du charme de la Ville éternelle, avaient été séduites. Elle constitue également le témoignage d’une période prolifique du point de vue du collectionnisme et des études, qui aura vu la passion pour les matériaux lithiques passer ainsi d’une satisfaction esthétique hédoniste à une discipline scientifique.



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