Cheminée aux armes de Philippe Merlan (1503- 1546)

Exécutée en 1534 pour le Château d’Arnay-Le-Duc du Baron de Montpont, en Côte-d’Or, Bourgogne

France, époque Renaissance, première moitié du XVIe siècle, 1534 (date figurant sur la cheminée).

Pierre de Tonnerre (Yonne) sculptée.

H. totale : 4.20 m.; L. au niveau de la corniche : 3.75 m.; Pr. 92 cm. 

H. jusqu’au linteau : 2.45 m.; L. du linteau : 3.55 m.

Dimensions de l’âtre : H. 1.90 m. ; L. 2.15 m. 

 

MARQUES ET INSCRIPTIONS : 1534, gravée dans un compartiment en ressaut et au centre de la base de la hotte de la cheminée ; blasons de la famille Merlan : « de gueules au lion d’or tenant dans sa dextre un croissant d’argent surmonté d’une étoile de même, au chef d’azur chargé de trois merlettes de sable », visibles de part et d’autre de la frise soulignant la corniche de la cheminée ; IL N’EST QU’ADRESSE – DE GRAND BIEN MERITE, devise des Merlan gravée sur le linteau.

 

PROVENANCE : exécutée en 1534 pour le compte de Philippe Merlan (1503-1546), baron de Montpont, seigneur de Jully-lez-Arnay-le-Duc, contrôleur et général des finances en Bourgogne et en Bresse sous François 1er, dans son château d’Arnay-le-Duc, en Côte-d’Or, en région Bourgogne-Franche-Comté ; propriété de son fils, Gabriel Merlan (1528-1562), baron de Montpont et seigneur de Jully-lez-Arnay-le-Duc comme son père, trésorier de France et général des finances en Bourgogne et en Bresse ; collection, après 1562, de la famille de Chabot-Charny ; vendue en 1634 par Françoise Bernarde de Montessus, comtesse de Charroux et veuve de Charles de Chabot, marquis de Mirebeau, à Henri II de Bourbon-Condé (1588-1646), premier prince du sang, pair de France et grand veneur de France ; collection jusqu’en 1675 de son fils, Louis II de Bourbon-Condé (1621-1686), dit le Grand Condé, célèbre vainqueur de Rocroi (1643) ; rendue en 1675 à la famille de Chabot qui la conserve jusqu’en 1778 ; durant cette période, les terres d’Arnay passèrent des Chabot aux Rohan puis, de ces derniers aux Brionne par l’entremise des mariages ; vendue en 1778 par Marie-Louise- Julie-Constance de Rohan, comtesse de Brionne, à la maison royale des dames de Saint-Cyr qui conserve le château jusqu’à la Revolution; siège de la municipalité, celui-ci est vendu en 1792 comme bien national; il passe alors de main en main jusqu’à son rachat, au milieu des années 1860, par Jean-François-Henri Bouruet (1801-1870), l’un des riches propriétaires des célèbres magasins “Au Gagne-Petit” à Paris, qui  entreprend de le dépouiller d’une grande partie de ses boiseries, de ses sculptures et de ses huit cheminées, dont celle présentée ici; la cheminée est remontée après cette date dans l’une des salles du château néo-Renaissance de Villemon à Servon, en Seine-et-Marne, que Jean-François-Henir Bouruet se fait bâtir au cours des mêmes années; elle y demeurera jusqu’à nos jours; vendu après la mort de M. Bouruet en 1870 par ses héritiers, le château de Villemon devint successivement la propriété de M. Jeanson, de 1870 à 1875, de M. Boutet, de 1875 à 1911, de M. Drouin, de M.Méhu, banquier à Paris, et enfin d’Hélène Martini (1924-2017), célèbre directrice de théâtres, cabarets et salles de spectacle, surnommée la “reine de la nuit parisienne”. 

 

 

Chef-d’œuvre de la première Renaissance française, cette imposante cheminée sculptée en pierre de Tonnerre (Yonne) a été exécutée sous le règne de François 1er en 1534 pour le compte de Philippe Merlan (1503-1546), baron de Montpont, seigneur de Jully-lez-Arnay-le-Duc, contrôleur et général des finances en Bourgogne et en Bresse, pour orner, au premier étage, l’une des principales salles de son château d’Arnay-le-Duc, en Côte-d’Or, en région Bourgogne-Franche-Comté. Elle présente un très riche décor sculpté, dominé en façade de sa hotte droite par deux grands bas-reliefs oblongs montrant des cavaliers nus, participant à une chasse aux lions à gauche, et s’affrontant à droite,  allégories de la Chasse et de la Guerre flanquées de bordures biseautées à compartiments carrés très richement ornés de motifs de têtes de chérubins ailées et de vases feuillagés, doublées de frises d’oves, le tout rythmé de pilastres à chapiteaux et très fins décors arabesques.