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Bas d’armoire par André-Charles Boulle ayant fait  partie de la fameuse collection de Randon de Boisset

Bas d’armoire par André-Charles Boulle ayant fait partie de la fameuse collection de Randon de Boisset

Paris, 1er tiers du XVIIIe siècle.

Bâti de chêne ; ébène ; marqueterie en contrepartie de laiton et d’écaille ; bronze doré. H. 95 cm. (37 1/2 in.) ; L. 187.5 cm. (74 in.) ; Pr. 39.5 cm. (15 1/2 in.).

PROVENANCE: ancienne collection de Randon de Boisset, vente à Paris, le 27 février 1777, lot no 773 ; ancienne collection du marchand de tableaux Donjeux, vente à Paris, le 29 avril 1793, lot no 545 ; ancienne collection du baron Van Hoorn de Vlooswyck, vente à Paris, le 29 novembre 1809, lot no 580.

Collection Steinitz, catalogue 2014 et exposé à la Biennale des Antiquaires de Paris de la même année. Fait aujourd’hui partie d’une prestigieuse collection particulière.

Lot n° 773 de la vente de Randon de Boisset, Paris, 27 février 1777.

Si la collection de Randon de Boisset ne comporta pas un nombre très importants de numéros, elle marqua en revanche considérablement ses contemporains tant elle leur parut exceptionnelle et comparable en qualité à celles des autres grandes collections du temps, celles du comte d’Artois, du prince de Conti, du duc d’Aumont ou du duc de Choiseul. On pouvait en effet y admirer quarante-sept toiles de l’école italienne dont un Véronèse et deux Salvatore Rosa ; deux Paul Bril, quatre Rubens, quatre Brueghel de Velours, deux Jordaens, un Van Dyck, quatre Rembrandt dont Les Pèlerins d’Emmaüs, ainsi que des œuvres de Teniers, Van Ostade, Dou, Metzu, Wouverman, Potter, Berghen et Dujardin, formaient l’essentiel des cent cinquante-huit tableaux des écoles flamande et hollandaise. L’école française était représentée par cent quatorze tableaux dont deux Poussin, six Le Sueur, deux Watteau, deux Van Loo, dix-neuf Boucher, quatorze Greuze, sept Hubert Robert et cinq Fragonard. Un Vélasquez et deux Murillo formaient une évocation de premier ordre de l’école espagnole. A cet ensemble prestigieux, s’ajoutait une très impressionnante collection de porcelaines, montées ou non, de cristaux de roche et autres précieux gemmes, des laques, des tables de marbres rares et des meubles de marqueterie. Si Randon de Boisset dépensa pour cette fabuleuse collection une fortune considérable, il sut incontestablement le faire avec goût, réunissant chez lui « les œuvres les plus délicates de l’imagination et de l’esprit humain »1. Comme l’écrivit le comte Clément de Ris en 1872, cette collection « avait été si bien choisie que vingt de ces tableaux sont venus se ranger dans les galeries du Louvre où ils tiennent encore une fort belle place »2 Notre bas d’armoire fit partie dans les premières années du XIXe siècle de la collection du baron Van Hoorn de Vlooswyck, le plus important collectionneur de meubles Boulle et d’objets d’art sous l’Empire. Il est très précisément décrit – avec un second meuble formant paire- dans sa vente après décès le 29 novembre 1809, sous le n°580 : « Deux cabinets, partie & contre-partie, ouvrant à trois battants dont le milieu orné d’une figure d’enfant faisant des bulles de savon, le haut surmonté d’un fort masque, avec guirlandes de feuilles de lierre & enroulement d’ornement ; les deux autres panneaux enrichis d’un enfant tenant un sablier d’une main, & de l’autre une couronne, accompagnée de trophées de musique, enrichis aux quatre coins d’équerre à tête de vents. Le soubassement en bois noirci, orné de rosaces, élevé sur pied à visse, le tout en bronze doré. Haut. 39 po., larg. 70 » (Haut. 105 x Larg. 189cm)3.

D’après l’inventaire après décès4, cette paire d’armoires se trouvait dans la même pièce que -ou au voisinage de- six gaines à tablier de Boulle portant des bustes de bronze et deux tables d’encoignure du même Boulle, du modèle de celles la Ménagerie. Outre les nombreux meubles de Boulle ou par les suiveurs de Boulle, Van Hoorn avait collectionné les sculptures (avec de nombreuses réductions en bronze d’après l’antique ou la statuaire baroque), les vases de granit ou de porphyre, Son inventaire, ainsi que le catalogue de sa vente, indiquent sa prédilection pour les meubles de rangement à trois portes de Boulle appelés « cabinets » dans le catalogue de vente, au nombre de onze, qui permettaient de renfermer tout en les exposant sa collection de gemmes – vases, coupes en agate, sardonyx, lapis lazuli, cristal de roche et jade qui constituait, avec la collection de boîtes en or et de pierres gravées, un véritable trésor de plusieurs centaines de pièces.

Collection du baron Van Hoorn de Vlooswyck, lot n° 580 vendu à Paris, le 29 novembre 1809.